Qui suis-je?

Christelle Raphet, exploratrice aventurière pour vous servir ! Mon père, était Guide de Haute Montagne. S’il m’a peu emmené sur les hautes cimes, il m’a en revanche transmis sa passion avec bienveillance et générosité, me laissant effectuer mes expériences avec un regard amusé. Ma mère aurait préféré que je reste sur le plancher des vaches plutôt que d’aller sur cette montagne terrifiante. Pour m’amarrer à la réalité elle m’a ouvert à de nouveaux horizons qui me permettront de m’exprimer dans tous les terrains. Ma sœur a toujours été mon pilier, m’offrant son soutien inconditionnel quelque soit la nouvelle excentricité dans laquelle je me sois lancée.

Grimper… Une vieille amie que je connais depuis que j’ai l’âge de marcher. Petite, la grimpe était imprimée sur les murs du gymnase de Flaine où je m’accrochais à ces prises en bonbons mâchés aux formes d’animaux aux couleurs chamalo. La compétition était partout… ski, escalade, cheval, cirque, école… le podium symbolique devait être gravi pour atteindre la plus haute marche… Mais à l’adolescence cette compétition m’a lassée… étais-ce d’arriver deuxième ou de voir le soleil briller dehors pendant que j’étais enfermée ? Toujours est-il que j’ai arrêté de grimper, je l’ai quittée, je l’ai plaquée pendant de nombreuses années, lui préférant d’autres horizons.

Et puis au détour d’une calanque ensoleillée, sous les effluves de romarin et d’embruns salés la grimpe m’est revenue. Simplement, comme cela grâce à un bus magique rempli de copains d’université… Grimper n’était plus compétition mais acceptation… De bonnes tranches de fou rire entre deux échappées sauvage et parfois des auto-missions de sauvetage pour se sortir d’un trépas ou notre inexpérience nous avait menés… Et oui car la grimpe était comme une amie d’enfance que l’on rencontre à nouveau. On pense tout connaitre d’elle… avant de se rendre compte qu’elle est bien plus complexe qu’on ne le pensait…

Je serai sans doute restée éternellement grimpeuse troubadour au pied des falaises si l’amour ne s’en était pas mêlé. Pour suivre ce grimpeur de génie j’ai du m’élever un peu, et pendant 7 ans nous avons gambadé passionnément sur les cimes du monde. De grimpeur patachou je suis devenue Brevet d’Etat, me surprenant moi-même. Puis le génie c’est tourné vers la mer, me laissant amoureuse du rocher esseulée.

Pour me sortir d’un gouffre, la grimpe est alors devenue survie, quoi de mieux pour estimer la vie que de ne la faire tenir qu’à un fil ? Sur les falaises de Wadi Rum et de Taghia j’ai du me réinventer. De seconde de cordée je suis devenue première reprenant en main le chemin de ma vie. En un clignement de paupière je quitte l’éducation nationale, en un claquement de doigts je guide dans les canyons de Bavella, en une respiration je deviens pisteur secouriste et en un tour de magie me voilà en Australie !

Aujourd’hui la grimpe n’est plus pour moi un amour passionné mais une vieille amie à qui je rends visite de temps en temps. Lézarder au soleil avant de m’élancer en 6c dans une symphonie de mouvements ondulés. Serrer les petites prises, de pof se maquiller, sentir le rocher, dancer et se balancer, respirer, atteindre le sommet, s’emplir de la beauté sauvage… Redescendre et retrouver les copains pour mêler le rire au sourire dans une complicité acidulée.